Comment j’ai construit mes ruches et ruchettes.

 

 

Si vous aimez bricoler et que le travail du bois vous intéresse, voici quelques indications pour réaliser une ruche Dadant 10 cadres.

En exemple, je vous indique comment je construis mes dernières ruches ; j’en ai déjà construit 3 (identifiées par n°1 n°2 et n°3) et j’améliore ma technique de fabrication en profitant de l’expérience acquise. Je vais construire 3 ruches supplémentaires, les n°4, n°5 et n°6.

Le 20 octobre 2006, j’ai acheté dans une scierie de Bosjean en Saône et Loire des planches de sapin brutes de sciage, séchées et d’une épaisseur de 27 mm. Avec la somme de 49 €, j’ai eu la quantité de planche suffisante pour faire 3 corps de ruche, 4 fonds de ruche et une hausse. J’ai fait tout le travail de menuiserie sur une machine à bois, à l’exception du rabotage à 25 mm d’épaisseur qui a été réalisé par un menuisier professionnel pour 7€.

Voici les plans qui m’ont permis de fabriquer toutes les planches nécessaires pour la confection d’une ruche. Les côtes indiquées sont en millimètres.

 

1- Planches de face et d’arrière de corps de ruche et de ruchette.

2- Planches de côtés corps de ruche.

3- Fond de ruche Dadant 10 cadres .

4- Planches verticales de flanc de fond de ruche.

5- Assemblage du fond de ruche.

6- Cadre de corps de ruche Dadant.

7- Planches de face et d’arrière de hausse.

8- Planches de côtés de hausse.

9- Cadre de hausse de ruche Dadant.

10- Positionnement des cadres.

 

Il est recommandé de bien respecter les côtes de façon à pouvoir inter-changer les corps, hausses et fond de ruche. En effet au cours de l’exploitation de ces « matériels », les différentes parties ne vieillissent pas à la même vitesse et il est nécessaire de changer des pièces détachées. Il faut donc veiller à ce que tous ces éléments soient identiques entre eux et bien ajustés aux autres pièces avec lesquelles elles vont être en contact. Il y a des dimensions normalisées et le mieux est de suivre ces normes.

Voici une vue de dessus d’un corps de ruche. Cette vue est exactement la même pour une hausse qui se pose sur le corps de ruche. Seules les hauteurs respectives sont différentes : 345mm pour le corps et 170mm pour la hausse. On peut éventuellement modifier un peu l’épaisseur des planches (sans descendre en dessous de 24mm) mais il faut respecter impérativement les dimensions intérieures (450x380mm)

 

Habitant un appartement, je travaille dans mon garage en sous-sol dont une partie est aménagée en atelier. J’ai commencé par faire un fond de ruche, en assemblant les éléments par collage avec de la colle à bois puis par vissage (vis de placoplâtre de L=5cm).

Sur cette photo vue de dessus par l’arrière il me reste à placer la grille de maille 4mm et de dimension 32x42 cm. Je fixe cette grille par un simple agrafage. Sur cette autre photo, vue par-dessous on peut voir la rainure qui reçoit le panneau de contreplaqué permettant de fermer la ruche complètement mais aussi de recevoir et de compter les varroa qui tombent de la ruche.

Cet après-midi, le 2 novembre 2006, j’ai acheté chez Castorama des vis de diamètre 4,5mm et 7cm de longueur et des tourillons en hêtre que je scie en fonction des besoins pour faire des chevilles. En rentrant j’ai fait un corps de ruche en 20 minutes environ. Les planches étant aux côtes, il suffisait de percer des avant-trous et de placer les vis. J’ai quand même cassé un foret dans l’opération. Ce corps a l’air bien plan et il se positionne très bien sur le fond de ruche fait il y a quelques jours. Cependant pour arriver à faire un beau parallélépipède, il a fallu que je « tire » un peu sur les planches lors de l’assemblage car elles se voilent un peu. Pour que ce corps de ruche reste bien en forme, en plus des 12 vis déjà placées, j’ai fixé huit chevilles rainurées de 8mm de diamètre et 6 cm de longueur en bois de hêtre avec de la colle (bien visibles sur cette photo du corps de ruche posé sur fond de ruche et vue de face). Il me reste à couper ces chevilles pour bien les araser. Après sciage et ponçage, voilà le résultat final.

Ces derniers jours j’ai fabriqué plusieurs fonds de ruches (j’en ai 4 de faits) et je trouve qu’il est assez difficile d’avoir des angles bien droits et des côtes parfaitement respectées. Ce qui devrait être des rectangles sont souvent un peu déformés et s’apparentent à des losanges. Pour bien faire il faudrait commencer par faire un gabarit, bien en forme pour positionner très exactement les planches à assembler. Ne dramatisons pas, les déformations sont minimes et cela ne nuit pas à la bonne tenue de la ruche finale. Aujourd’hui, 15 novembre 2006, j’ai assemblé les planches pour une hausse. Pour bien les positionner avant de percer les trous pour les vis, je les ai bloquées sur la table à l’aide de serre-joints en vérifiant bien tous les angles droits. La hausse est très réussie ! Il me reste deux corps de ruche à assembler puis je peindrai le tout. La peinture demandant beaucoup de nettoyage du matériel, je vais tout peindre en une seule fois. Je ferai une photo de tout le matériel pendant l’opération de peinture.

Le 24 novembre j’ai fini toute la menuiserie et j’ai mis en peinture. Je viens de passer une première couche de lasure contre les insectes xylophages et les champignons (photo du matériel au séchage). Je vais attendre quelques jours que ce soit bien sec et je passerai une couche de peinture pour ruche de couleur marron. Avec ça le matériel sera prêt à affronter les intempéries au printemps prochain.

Le 4 décembre, tout est peint et sec; j’ai placé le grillage sur les fonds, les poignées et la portière sur les corps, les plaquettes et les fils d’écartement des cadres dans les corps et la hausse. Il me reste à placer les fixe-éléments pour solidariser le fond et le corps de ruche et à faire les toits. Pour ces derniers je ne sais pas encore si je vais faire des toits plats ou à 2 pentes. Voici les photos du matériel pratiquement fini.

1-    Fond de ruche fini

2-    Fond et corps de ruche finis

3-    Fond corps et hausse finis

4-    Ruche et hausse avec cadres                                 Ah, elles vont être bien logées les petites abeilles !

 

Nous sommes le 24 janvier 2007 et ça y est… j’ai pris l’option du toit chalet pour finir les ruches. C’est plus lourd, plus encombrant, mais je ne pratique pas la transhumance et un tel toit, qui déborde largement de tous côtés protège bien les parois de la ruche de l’humidité lorsque le temps est humide. Les plans sont faits, j’ai les planches nécessaires (magnifiques planches de récupération fournies par Franklin Vieira qui veille sur le bon état de notre immeuble) et je vais demain voir mon ami Gérard qui habite un appartement à Paris dans le 15ème arrondissement et qui dispose d’une scie circulaire sur table dans sa cave. Voyez où va se nicher le bricolage !!! Après la découpe des planches on ira déguster un bon couscous qui nous rappellera le Maroc.

D’autre part j’ai pris contact avec un fabricant de clôtures en bois de châtaignier qui pourra me fournir des tasseaux dans cette essence pour que je confectionne des cadres de corps de ruche. J’ai « oui dire » que les araignées s’éloignaient du châtaigner. Quel sera le comportement du varroa ?? On va tenter l’expérience.

Vendredi 26 janvier. J’ai commencé à travailler avec les planches sciées pour faire les pignons avant et arrière. L’ossature est faite. La pente du toit est de 45° ce qui me permet d’utiliser comme faîtière un tasseau carré sans avoir à le retoucher. J’ai prévu un débordement avant, arrière et sur les côtés de 7cm environ ce qui protègera bien la ruche de la pluie. J’ai placé cette ébauche de toit sur une ruche pour apprécier la place dans le « grenier ». Il y a assez de place pour un nourrisseur en plastique ou un pain de candi. Il me reste à percer un trou d’aération dans chaque pignon, de couvrir avec du contreplaqué et de recouvrir le tout avec des tôles de zinc que j’ai récupérées auprès des couvreurs qui ont réparé le toit de notre immeuble.

Le toit est pratiquement fini, j’ai placé les planches qui serviront de couverture. Il reste à peindre. Je crois que je ne vais pas mettre de zinc pour l’instant. Je vais peindre pour que l’étanchéité soit assurée. La toiture est constituée de planches particulières. Ce sont des planches reconstituées avec de la sciure très fine et de la résine. Elles sont très denses.

 

Voici la ruche n°4, fraîchement construite et déjà habitée par une colonie très active.

 

Précision sur la construction du toit chalet.

 

La toiture est constituée en partant d'une plaque de "médium", qui est un aggloméré de bois pressé et donc très dense. Dimensions L : 872mm, l : 682mm, e : 8mm. On découpe la longueur pour obtenir deux plaques de 440 et 432mm.si la lame de scie a 2mm d'épaisseur on a donc 439 et 431mm. La pente des deux pans du toit est de 45°.

L'ossature est constituée de :

    - un tasseau de section carrée 25x25mm

    - deux "frontons" (faces avant et arrière) identiques sur lesquels sont vissés des tasseaux qui s'appuieront sur la face avant et arrière du corps de ruche

    - deux planches de flanc biseautées à 45° pour assurer la continuité de la pente des frontons (croquis fronton et planche).

    - un profilé à angle droit en PVC ou Alu pour coiffer la jointure des deux pans du toit.

L'épaisseur des planches, la dimension de la section du tasseau peuvent être différents. Il faut veiller un jeu d'environ 5mm entre les parties du toit et du corps de ruche.

 

 

Construction de ruchettes.

 

 En 2006 j’ai « cueilli » 3 essaims, et je pense que cette saison j’en aurai encore plus à mettre en ruchette. J’ai actuellement 2 ruchettes occupées dont je vais transférer les colonies dans une ruche. Je pense avoir besoin de 4 ruchettes pour répondre à la demande et j’ai entamé la construction de deux nouvelles. Pour l’une j’ai utilisé des planches que m’avait apporté Franklin Vieira. Pour l’autre j’ai profité que le premier lundi du mois qui est le jour des « encombrants », c'est-à-dire le dépôt par les particuliers de leurs surplus dans la rue avec ramassage par une entreprise spécialisée. J’ai trouvé un vieux meuble que j’ai démonté pour récupérer les planches (les vis récupérées ont été réutilisées pour l’assemblage). J’ai tout mis aux côtes en sciant avec une scie sur table que j’ai acheté il y a 15 jours. Il y avait largement assez de bois pour fabriquer les deux ruchettes. Nous sommes mardi 6 mars 2007 et elles sont peintes. Après la pose des barrettes d’écartement pour positionner les 5 cadres, elles seront prêtes pour accueillir les essaims.